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Aucun enfant n'est à l'abri !


Aujourd'hui, Hassidot a décidé d'aborder un sujet crucial. Celui du harcèlement sexuel enfantin.

Hélas, les événements de ces dernières années nous ont prouvés qu'aucune communauté n'est épargnée et qu'aucun enfant n'est à l'abri de ces terribles agissements.

Dans cet article, Muriel nous apprendra à faire de la prévention auprès de nos enfants, à créer un espace de confiance avec lui afin qu'il n'hésite pas à parler si quelque chose se passe, et à repérer les premiers signes prouvant que l'enfant est victime d'harcèlement.

Enfin, Muriel nous donnera la marche à suivre en cas d'harcèlement avéré, que D.ieu nous en préserve.



PREVENTION


1) Je lui apprends que son corps lui appartient en m'adaptant à son âge.

Il faut apprendre très tôt à un enfant que personne n'a le droit de toucher ses parties intimes.

D'ailleurs, même lorsque l'un des parents est amené à toucher ces parties chez son enfant, il doit lui demander l'autorisation. L'enfant comprend donc que c'est son jardin secret et que même maman ou papa doivent demander la permission avant d'y toucher. Il ne faut pas hésiter à lui désigner, sur le corps ou sur une poupée, les zones intimes pour qu'il puisse les identifier et les "verrouiller".

De même, il faut également insister auprès des enfants sur un point : si personne n’a le droit de les forcer, il en va de même pour eux. Le corps de leurs camarades ne leur appartient pas.


2) Je choisis le bon moment pour aborder la question des violences sexuelles.


La forme de la discussion compte autant que le fond. Ce n'est pas une conversation qu'on entame comme ça en disant : 'Allez, on va parler de ça'. Ce n'est pas un cours, il faut que ça s'inscrive dans la vie quotidienne.

Le moment du bain est particulièrement adapté pour les plus jeunes, car il "permet de nommer les parties du corps les plus intimes". On peut aussi en parler en recourant à des livres ou à des poupées pour lui montrer les zones du corps privées.

Pour les plus grands, il est important de leur en parler dans un moment calme et décontracté, sans personne pour distraire la conversation.

Ce moment d'échanges doit se faire individuellement.

Il est important de rappeler ces principes avant un déplacement en colonie de vacances, en classe verte, lors d'un week-end chez un ami ou un membre de la famille.


Prenez aussi les devants!

Informer les enfants pour qu'ils puissent en parler plus facilement est très important, mais ce n'est pas suffisant! Il est nécessaire d'aller vers eux et de leur demander régulièrement s'ils ne subissent pas ou n'ont pas subi de violences.


CRÉER UN CLIMAT DE CONFIANCE


3)Je lui dis qu'il peut me parler et lui désigne d'autres personnes de confiance.


L'objectif de la conversation est aussi de faire comprendre à votre enfant que le sujet des violences sexuelles n'est pas tabou, et que vous êtes à sa disposition pour en parler. Le silence est en effet l'une des armes des agresseurs.

Pour les victimes, il est très compliqué de parler, surtout quand les agressions ont lieu dans le milieu familial, car le sentiment de culpabilité est très présent.

L'enfant peut également avoir peur de ne pas être cru, ou de causer de la peine ou de la colère à ses parents.

Pour contourner cette auto censure, il faut convenir avec son enfant de personnes de confiance extérieures au cercle familial, avec qui il se sentirait à l'aise. Objectif : qu'il ou elle puisse se confier facilement. Il peut s'agir par exemple d'un enseignant, d'une assistance sociale, d'une tata etc.


REPÉRER LES SIGNES AVANT COUREURS


4) Je repère les signes de potentielles violences sexuelles.


Outre les éventuelles séquelles physiques (rougeurs sur les parties intimes, douleurs somatiques répétitives et inexpliquées), les parents doivent être attentifs aux changements de comportements (perte d'appétit, morosité soudaine…), aux régressions dans le développement (un enfant propre se remet à faire pipi au lit, il passe des nuits agitées alors qu'il dormait bien, il se met à bégayer, etc.) Un vif refus lié à la visite d'un adulte, au départ en colonie de vacances ou à une activité scolaire doivent aussi être entendus.

Ces signes peuvent être les révélateurs de traumatismes, même s'ils ne sont pas toujours liés aux violences sexuelles. Cette possibilité doit au moins être prise en compte. Souvent, les proches repèrent les changements dans le quotidien de l'enfant, mais le mettent sur le compte d'autre chose, comme le décès d'un grand-parent ou un divorce en cours.

Si vous constatez l'apparition de l'un ou plusieurs de ces signes, déclenchez une conversation avec votre enfant, par exemple en disant "Si tu veux en parler, on peut". Il est possible de l'emmener consulter un pédopsychiatre, parfois mieux placé qu'un proche pour délier la parole.


AGIR EN CAS D'AGRESSION AVÉRÉE


5) Je m'entoure de professionnels si mon enfant me révèle une agression.


Si votre enfant vous dévoile avoir été victime de violences sexuelles, la première chose à faire est de l'écouter, de le croire, et de récolter un maximum d'informations. Il faut dire aux enfants qu'il est normal d'être mal, de se sentir différent et/ou mal à l'aise.


En cas de flagrant délit, appelez le 119, numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger, afin de dénoncer l'agresseur. Un signalement aux forces de l'ordre sera effectué. Si l'enfant parle rapidement après l'agression, comme il reste pendant plusieurs jours des traces d'ADN, il faut mettre de côté les vêtements qu'il portait et l'emmener voir un médecin qui pourra effectuer un certificat médical.

Les parents peuvent également porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie pour leur enfant. Les associations recommandent toutefois de prendre rendez-vous par téléphone avant et de s'assurer que les officiers en charge de recevoir votre enfant sont formés aux violences sexuelles. Il est également possible de discuter avec un avocat spécialiste des violences ou une association pour se faire conseiller avant d'aller porter plainte.


En plus de la procédure juridique, il faut proposer un accompagnement psychologique à son enfant, et ne pas hésiter à en suivre un soi-même : c'est possible en prenant rendez-vous avec un médecin généraliste, un pédopsychiatre, ou une association (certaines proposent des accompagnements psychologiques gratuits).


Sachez enfin que si votre enfant se confie à un membre du personnel médical, la Haute Autorité de santé recommande à ce dernier de faire un signalement au procureur de la République et à la cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP). Ces signalements sont mêmes obligatoires si l'enfant s'est confié à un membre du personnel de l'Education nationale.


Que D.ieu fasse que nous ayons jamais besoin d'avoir recours à ces professionnels.

Mais D.ieu attend également de nous que nous fassions notre rôle de parents en protégeant nos enfants.

Tout est entre nos mains!

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